Enfin dépucelé !

 

Enfin c'est le départ ; nous partions à l’aventure découvrir un coin de pays que nous n’avions pas encore exploré. Nous empruntions la route pour de longues heures de voiture, à compter les rivières à saumon sur notre passage. Notre destination : la pourvoirie Hipou, située sur la magnifique rivière Natashquan. Nous avions donc plus de 14 heures de route à se taper pour arriver à Sa Majesté. Nous sommes partis par un matin brumeux, avec une journée d’avance pour couper la « run » en deux, histoire de prendre notre temps pour visiter un peu. Nous allions rejoindre Claude Rigaud, alias le « pêcheur fou », à Havre St-Pierre le lendemain après-midi. Nous avions donc amplement le temps de profiter de la beauté de la route de la basse côte nord. Nous étions partis pour tout un double voyage de rêve, au saumon et à l’omble chevalier.

Pendant les longues heures de voiture qui nous séparaient d’un de nos rêves d’enfance, soit prendre notre premier saumon, nous roulions sans aucun stress et nous en profitions pour nous arrêter saluer de vieux amis sur notre passage.

 

 


 

Malheureusement, nos arrêts à Baie-Comeau, Godbout et Sept Îles ne furent que pour se dégourdir un peu car ni Martineau, ni la famille Davignon, ni M. Pinard n’étaient au rendez-vous. Fait cocasse dans notre malchance quant à nos visites surprises : nous avons croisé, entre Baie-Comeau et Godbout, Pascale et Simon Jacques des Fûts PSJ, qui s'arrêtèrent au même poste à essence que nous et qui se dirigeaient aussi à Natashquan pour aller faire du kayak de mer. Après avoir fait le plein et salué nos amis, nous avons pris la décision de nous rendre à Havre St-Pierre pour y passer la nuit.

Le lendemain matin, après nous être couchés un peu tard, nous avions rendez-vous avec Tim Bodin, un pêcheur de saumon du Havre qui voulait nous faire découvrir une magnifique rivière où il avait pris un saumon de 16 livres quelques semaines plutôt. Après quelques minutes d’auto, nous étions en face de la rivière à Tim où un décor magnifique nous attendait.

 

 
 

 


Cette rivière se nomme La Romaine et elle est parmi les plus belles rivières à saumon au Québec. Malheureusement la main de l’homme va encore modeler le paysage et « dévierger » le territoire pour construire des barrages hydroélectriques, malgré le désaccord de plusieurs personnes et groupes :

http://www.radio-canada.ca/
nouvelles/environnement/
2009/03/05
/001-bape-la-romaine.shtml
.

Malheureusement ce fut peut-être la seule et dernière fois que nous pûmes pêcher le saumon dans cette rivière. Nous regardions flotter nos mouches avec l’intensité de l’espoir de voir sauter salmo salar. Malgré le potentiel de la dernière fois et la chance du débutant, nous avons essayé tous les conseils de notre ami Tim ainsi que plusieurs mouches toutes meilleures les unes que les autres, mais en vain, aucune attaque.

 

 
   

 

 

 


 

Malgré l’absence de saumon, nous nous sommes quand même nourris de la beauté de la Romaine qui ne sera plus jamais comme avant. Tout de même, nous étions très heureux d’avoir mis notre ligne à l’eau avant le « pêcheur fou », qui d’ailleurs était probablement sur le point d’arriver au lieu de rendez-vous. C’est en rangeant notre matériel de pêche que nous saluâmes notre nouvel ami, à qui nous souhaitons la meilleure des chances pour la pêche au saumon de 2009.

Le lendemain matin, nous étions enfin prêts à croiser le fer avec le saumon. Il ne restait qu’à acheter les permis de pêche de Claude et de Mathieu Leblanc (caméraman), puis nous étions en route pour voir la fin de la 138 et emprunter enfin la légendaire rivière Natashquan. Avec empressement, nous chargeâmes tout notre équipement dans les deux chaloupes taxi qui nous attendaient pour nous conduire au campement numéro 2 de la pourvoirie Hipou, situé à la deuxième chute. Quelle surprise de voir la magnificence des lieux, un superbe chalet en bois rond directement situé sur le bord de la rivière, où il était possible de voir sauter les saumons de la salle à manger. Une fois à l’intérieur, un goûter froid nous attendait sur la table. Pendant que Spartano et moi-même nous empiffrions des bons vieux sandwichs au jambon et aux œufs, le gérant de la place nous indiquait le plan de match pour notre séjour de sept jours.

 

 
 

 


 

Une fois que Spartano eut fini de manger les restants, nos guides firent leur présentation et notre préparation mentale s’activait à mesure qu’ils nous prodiguaient leurs conseils. Notre rythme cardiaque augmentait au fur et à mesure que l’équipage prenait place dans les chaloupes. Comme des pirates prêts à crier « à l’abordage ! », nous nous lancions sur la rivière armés de nos cannes Neptune, le coffre à pêche débordant de mouches, le frisson dans les yeux de la chance d’être à ces premières armes. Quelle joie que de découvrir un nouveau territoire, comme la première fois qu’on écoute notre film préféré, quelle chance de profiter de ce bon temps.

Sylvestre, notre guide amérindien, stationna la chaloupe à sa manière contre la paroi de la chute numéro 2 et nous sautâmes sur le roc millénaire de cette chute éternelle. Comme une course de petits garçons, c'est à qui va mettre sa ligne à l’eau le premier. C’est en silence et les yeux ouverts au maximum que nous nous sommes mis à moucher dans toutes les directions pour piquer notre premier saumon. Nous étions tous les quatre des « ptites vierges du saumon », comme l’aimait dire notre bon ami Claude. Nous avons mouché pendant deux heures sans arrêt, en essayant toutes nos mouches, sans que le roi de la rivière ne daigne se présen-ter. Nos guides, qui en avaient vu d’autres, décidèrent de lever l’ancre pour descendre un peu plus bas sur la rivière, afin de pêcher sur une autre fosse qui n’avait rien à voir avec la splendeur de la chute numéro deux.

 

 
 

 


 

Après quelques minutes de bateau, nous arrivâmes sur le coin d’un petit rapide à l'allure inoffensive où notre chaloupe de démolition se stationna de nouveau avec la même technique de Sylvestre, pendant que Danny et le reste de l’équipage mettaient l’ancre dans le courant pour laisser leurs lignes descendre sur le coin des roches. Comme tout au long du voyage, nous demandions à Sylvestre quelle mouche utiliser en lui proposant tout ce que nous avions, et comme tout au long du voyage, il répondit étrangement « oui ! » à toutes nos questions. C’est donc en suivant ces judicieux conseils que j’ai attaché au bout de ma ligne une mouche microscopique du nom de « Green Machine ». J’avoue avoir découvert un paquet de choses lors de ce magnifique voyage.

 

 
 

ABONNEMENT

INDEX

<< Page précédente

Page suivante >>