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Une fois que Spartano eut fini de manger les restants, nos guides firent leur présentation et notre préparation mentale s’activait à mesure qu’ils nous prodiguaient leurs conseils. Notre rythme cardiaque augmentait au fur et à mesure que l’équipage prenait place dans les chaloupes. Comme des pirates prêts à crier « à l’abordage ! », nous nous lancions sur la rivière armés de nos cannes Neptune, le coffre à pêche débordant de mouches, le frisson dans les yeux de la chance d’être à ces premières armes. Quelle joie que de découvrir un nouveau territoire, comme la première fois qu’on écoute notre film préféré, quelle chance de profiter de ce bon temps.
Sylvestre, notre guide amérindien, stationna la chaloupe à sa manière contre la paroi de la chute numéro 2 et nous sautâmes sur le roc millénaire de cette chute éternelle. Comme une course de petits garçons, c'est à qui va mettre sa ligne à l’eau le premier. C’est en silence et les yeux ouverts au maximum que nous nous sommes mis à moucher dans toutes les directions pour piquer notre premier saumon. Nous étions tous les quatre des « ptites vierges du saumon », comme l’aimait dire notre bon ami Claude. Nous avons mouché pendant deux heures sans arrêt, en essayant toutes nos mouches, sans que le roi de la rivière ne daigne se présen-ter. Nos guides, qui en avaient vu d’autres, décidèrent de lever l’ancre pour descendre un peu plus bas sur la rivière, afin de pêcher sur une autre fosse qui n’avait rien à voir avec la splendeur de la chute numéro deux. |